Dans un box, une infirmière fait une prise de sang à un jeune homme récemment contaminé. Penchée, attentive, elle l’interroge discrètement. A partir de cette scène, le film remonte le temps du sida, à Bordeaux, avec des soignants et des malades, qui font face au virus depuis plus de 20 ans. Les récits des premières années évoquent l’impuissance du corps médical face à la souffrance, la peur, l’exclusion, la mort. Ces souvenirs laissent place à des séquences qui dessinent par touches le présent de l’épidémie, la prise en charge telle qu’elle se pratique depuis l’arrivée des trithérapies en 1996 : la tension lors d’une consultation, la douceur d’un geste pourtant technique, l’attention d’un regard, l’angoisse d’un résultat biologique, la peur des traitements aux effets imprévisibles.Vies brisées, vies sauvées : sous la menace du sida, des médecins et leurs patients dialoguent et luttent au corps à corps… aujourd’hui comme hier.